«  – Lila !
Eh ! Qu’est-ce qu’elle a ?
Lila ma chérie tu t’es fait mal ?
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Je ne sais pas, elle est tombée sans raison.
Il faut appeler une ambulance.
Merde, il manquait plus que ça. »
Le sol était froid et Lila se sentait partir en arrière. Sa tête lui faisait mal et elle entendait les gens s’agiter autour d’elle mais la jeune femme restait étrangement sereine. Quand elle se laissait aller à son déluge de sensations, elle était bien… Lila reconnut la voix de Julien à côté d’elle et cela l’apaisa plus encore. Il s’inquiétait de son état mais assurait ne jamais la quitter. « Les pompiers arrivent » répétait-il sans cesse comme pour se rassurer lui-même. « Ils arrivent. » C’était vraiment lui l’homme de sa vie. Une fois de plus elle le sentait. Car à ce moment précis, elle n’aurait voulu avoir personne d’autre pour lui tenir la main avec effusion comme il le faisait. Il la secouait un peu, attendant vainement une réponse. Julien voulait que sa fiancée lui témoigne un peu de présence mais elle n’avait pas la force d’ouvrir les yeux pour le rassurer. Pourtant, la jeune femme allait bien. Elle n’avait mal nulle part, se sentait anesthésiée par le froid qui l’envahissait, rêvait que ce bien-être soit définitif. Lila sentait son cœur ralentir et cela l’apaisait, la calmait. Et puis, il était là. Que demander de plus ? Elle revoyait des images de leur couple et se rappelait la boite de nuit où ils s’étaient rencontrés, la voiture, l’appartement. Elle entendait résonner au fond de son crâne les accords de la musique italienne qui avait bercé leurs premiers baisers. Elle se souvenait même de la voix du ténor qui avait rendu viril cet homme qu’elle avait cru trop sec au premier abord. Il l’avait envoûté au cours d’une salsa, l’avait eue pour une nuit puis elle s’était trompée et l’avait laissé en croyant malheureusement qu’il n’était qu’une conquête de plus. Le destin avait donné une deuxième chance à leur couple et elle se réjouissait d’avoir su la saisir car désormais, elle ne savait plus ce que l’avenir leur réserverait. Ce qui lui importait n’était ni le temps ni l’espace. Savoir qu’elle était dans son cœur et qu’elle y resterait, quoi qu’il se passe, suffisait à nourrir sa joie. On la portait. Lila entendait une voix inconnue lui poser un tas de questions. Les sons s’étouffaient pourtant et elle avait l’impression que Julien serrait moins ses doigts, qu’il la laissait.

« Pas maintenant, ne part pas… ».

Quelques lumières clignotèrent devant ses yeux puis le noir devint plus intense et elle sentit dans son ventre une décharge qui la secoua. Son corps ne pesait plus rien ; la jeune femme avait la douce impression de flotter. Se partageaient en elle une part de peur et une autre de confiance, sans qu’aucune d’elles ne prenne le dessus. Une autre décharge parcourut son corps. Lila n’avait plus ni chaud, ni froid. Elle était détendue. La jeune femme se sentait même bien, sans savoir pourquoi. Le flou s’emparait de ses pensées et le sommeil la gagnant, elle cessa de réfléchir et se laissa aller dans un calme apaisant.

Laisser un commentaire